Cet intérêt pour la nature semble relever d’une philosophie contemplative

En occident le paysage est présent dans l’œuvre picturale depuis les primitifs italiens qui introduisent celui-ci dans les fonds de tableaux pour humaniser la représentation divine.

Ils remplacent ainsi les fonds dorés symbole du paradis inaccessible.

Ils étaient donc considérés comme décor du sujet.

C’est seulement à partir du XVIIIème siècle que le paysage prends une place de plus en plus importante jusqu’à occuper toute la surface de la toile devenant le sujet même.

Cet intérêt pour la nature semble relever d’une philosophie contemplative. D’un goût pour la poésie. Le paysage devient prétexte à l’extériorisation d’un état d’âme. Il permet d’exprimer tant, la barbarie de terreurs sacrées que la magie de chemins tracés comme des caresses divines.

Me sentant très proche de cette sensibilité là,  j’ai décidé de choisir ce moyen d’expression.

Hommage à Monsieur Zao Wou Ki

Les plus longs trajets débute par un de tout petit pas et deviennent ces parcours que beaucoup envient et admirent ; mais encore fallait il commencer……. continuer malgré les obstacles………croire en l’instant………espérer en demain.

Extrait de « Autoportrait de ZAO WOU-KI »

« Je voulais peindre ce qui ne se voit pas, le souffle de la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs et leur fusion. »

« Je n’aime pas le mot paysage que l’on emploie en parlant de ma peinture. Il évoque le fait de tomber dans le piège de la ressemblance….Je préfère le mot nature qui évoque un univers plus large : de multiples espaces enchevêtrés y prennent un sens cosmique où circulent l’air, le souffle du vent…… »

Mireille « All over », « Turner over »

Merci à Stéphane Cerrutti pour avoir écrit ces propos, en mars 2015

En recouvrant totalement sa toile étalée au sol de réseaux complexes, Jackson POLLOCK inventait le : “ALL OVER”.En fondant l’espace de ses toiles, il tissait ses MICROS, MACROS, MONUMENTAUX TERRITOIRES . Ainsi naissaient DENSITE capables de s’épancher, de s’auto engendrer à l’infini. POLLLOCK parcourait un chemin qu’il « compostait » de sa propre écriture .

MIREILLE a besoin de FOULER L’ESPACE effectif et littéral de la NATURE avant de la DEPEINDRE . Loin de l’agitation gestuelle frénétique de POLLOCK, MIREILLE le rejoint pourtant à travers sa déambulation, longue, lente, patiente, nécessaire avant l’acte de peindre.

MIREILLE nous dit : il faut marcher ALL OVER ! pour s’imprégner des choses. Il faut parcourir l’espace avant d’en reproduire l’essence même qui le compose. Comme si l’éloge de la lenteur devenait passage obligé avant d’en faire SURGIR , MOMENTS INSTANES PRIVILEGIES…. Dans une sorte d’IMMEDIATETE ; car il s’agit bien de l’espace temps chez MIREILLE (comme chez POLLOCK comme chez TURNER !)

A travers ce grand écart inversé, opéré dans l’histoire de l’art, MIREILLE réunit dans sa pratique 2 démarches comtemporaine : PARCOURIR POUR FIXER L’INSTANT . MEDITER pour COMPRENDRE ET LIVRER les SECRETS d’un ESPACE . Instants figés , cristallisé dans des MATIERES PEINTES souvent épaisses et onctueuses qui deviennent MATIERES CHARNELLES D’UNE NATURE NOURRICIERE .

« TURNER OVER » semble affirmer MIREILLE !

« PHOTOGRAPHIER » par la MATIERE une ombre et une lumière inédite ; « VOILER » un paysage d’une brume extrême orientale ;  « CREUSER » le sillon de la peinture pour faire émerger celui d’un chemin ; MIREILLE chante comme TURNER la musique tantôt douce, tantôt énergique du « FLOU et du REFLOU » d’un ressac probable….avant de nous faire découvrir la NETTETE d’une écorce ou d’un rocher. Tous ces éléments réunis et contenus dans une proximité remarquable. MIREILLE insinue par exemple « J’ai envie de partager l’EMOTION face à un ciel sublime observé à un moment précis » . A priori « fixé », ce ciel n’est pourtant pas « coincé » . Il semble capable d’évoluer sous l’effetde notre observation. C’est la magie de la peinture de MIREILLE qui opère.

Paradoxalement, sans faire figurer des personnages, les paysages de MIREILLE sont plus HUMAINS qu’ils ne sont en réalité . MAGIE encore de cette capacité de traduire et d’exprimer la FORCE et la FRAGILITE de ces ESPACES PAYSAGES.

MIREILLE PAYSAGISTE ?

Disons plutôt « PORTRAITISTE » de PAYSAGES . Allons même jusqu’à dire « VISAGISTES » de PAYSAGES . Puisque MIREILLE traite avant tout de l’INTIMITE du PAYSAGE ? de l’INTIMITE de l’ESPACE TEMPS.

Nobles propos, spirituel même. Bravo MIREILLE .